Dimanche 1 octobre 2006
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L’inventeur du cintre était un génie. Il a probablement fait fortune grâce à cet objet qui a ainsi aidé des millions de gentilles ménagères de par le monde, à ranger les vêtements sans qu’il soit besoin de faire des plis disgracieux dans les tissus fraîchement amidonnés.
Mais chaque médaille ayant son revers, réfléchissons un peu plus loin. N’avez-vous jamais eu envie de tuer quelqu’un avec ou à cause (ou les deux) d’un cintre ?
Une autre question :
avez-vous déjà réussi à prendre un seul cintre dans votre penderie sans en emmener dix autres ?
Je suis convaincue que, derrière les portes fermées des garde-robes, les cintres, entre eux, fomentent un complot afin de vous rendre chèvre. Ils parviennent à s’entremêler aussi solidement qu’une chaîne de forçat et se détachent tous, d’un coup, au moment où vous n’êtes plus maître de rien, ni de votre patience, ni de votre bonne volonté.
J’imagine que vous souriez, vous remémorant une scène similaire.
Mais avez-vous pensé au danger ?
Ces crochets métalliques que vous manipulez avec de plus en plus de frénésie au fur et à mesure
que votre patience diminue ; ces crochets semblent animés d’une véritable volonté de vous nuire.
Après un moment de lutte acharnée, vous décidez de vous calmer, vous vous asseyez sur le lit le temps de remettre votre compteur cardiaque en dessous de la barre des 300 pulsations minute.
Et puis, calmement, vous reprenez le travail de dénouement de cintres afin de les désolidariser définitivement.
C’est au moment où vous y êtes presque parvenue que votre mari, ou votre enfant, rentre dans la pièce en réclamant, avec autant de diplomatie que de gentillesse :
« Alors, elle vient cette chemise? »
ou autre « M’man, kestufous ? Ca fait des plombes que j’t’ai demandé mon jeans ». ».
A ce moment, les cintres, toujours animés d’une volonté farouche de vous faire ch… et toujours dans le même esprit de camaraderie taquine,
profitent de votre moment de surprise pour se refaire une mêlée à rendre jalouse l’équipe du 15 de France dans son intégralité.
Ceci se termine généralement en pugilat et vous quittez la maison, laissant au sol, les cintres gisants et tout à coup devenus curieusement inertes.
Votre famille, hébétée envisage sérieusement de vous faire consulter un médecin qui vous prescrira du Prozac parce que vous êtes devenue définitivement invivable !
Donc, cet inventeur de cintre, qui a bien de la chance que son nom soit aujourd’hui passé aux oubliettes, doit-on vraiment le remercier ?
Il est à l’origine de blessures, d’accidents vasculaires, de scènes de ménage, voire de divorce, peut-être même que certains internements
ont dû être nécessaires. Et franchement, avec le trou de sécu, on s’en serait bien passé.
Ce monsieur n’a pas pensé aux conséquences et, sous des dehors de brave homme faisant mine d’aider les femmes, se cachait en réalité un misogyne sournois dont l’invention n’a vu le jour
que dans le but de nous compliquer la vie
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