Partons du postulat avéré que les supermarchés ont été créés pour simplifier la vie des consommateurs en proposant des produits moins chers et la possibilité de tout trouver en un seul endroit.
Pourquoi, dans ce cas, faire les courses est-il devenu pour moi la corvée d’entre toutes les corvées ?
D’abord, il y a cette ambiance musicale qu’on nous sert. Ca part d’une bonne intention bien sûr mais, si le but du jeu est de rendre la corvée agréable, et donc, inciter la clientèle à rester plus longtemps dans les rayons, alors, pourquoi ces immondes versions orchestrales de variété ? Pourquoi ces ersatz de Clayderman (déjà que l’original…) qui donnent des envies de fuite ? Et le pire, c’est qu’elles sont entêtantes comme pas permis ! ! ! Ca se colle dans les oreilles et on les garde dans la tête pendant des jours, une vraie mérule !
Ensuite, il y a la déco… ah ! la déco des supermarchés… On vient de repeindre celui d’à côté de chez moi dans un magnifique vert fluo. Peut-être une question de chasse au gaspillage d’électricité tant c’est lumineux. Ils ont poussé le détail jusqu’à habiller les caissières dans la même couleur lumineuse. Peut-être parce qu’ils estimaient méchamment qu’elles ne sont pas des lumières ? J’espère que non. Ceci dit, je les envie du plus profond de mon cœur. Le tut tut tut des caisses enregistreuses, la diversité dans le travail, la sympathie de certains clients, un boulot de rêve et puis, ces murs verts, ce côté printanier, bucolique…
Passons à la présentation des produits. Il y a le supermarché pour géants…Vous savez ? Celui qui rentabilise l’espace au maximum et qui joue la carte de la verticalité pour ranger les produits. Le paradis des basketteurs et des gens qui ont le bras long. Pour ce qui me concerne, je grimpe… et je râle. Mais ce n’est pas le pire ! Pour des considérations probablement esthétiques, et pour une meilleure visibilité, les fruits et légumes sont installés sur des présentoirs en pente et disposés en pyramide. Dois-je continuer ? Généralement, la première pomme qu’on choisit est celle-là même qui fait tenir les centaines d’autres.
Quoi d’autre ? Le ticket boucherie bien sûr ! Chouette ! J’ai le numéro 9… et on appelle le …945. Bah ! pas trop grave, j’ai le temps de faire le tour de deux ou trois rayons en attendant. Et au retour, bin, on appelle le numéro 13 ! Et c’est reparti pour un tour. Par contre, dans le magasin pour géants cité plus haut, ils ont une autre formule boucherie. On remplit un document de commande et on le laisse aux bouchers qui s’occupent de vous faire un beau paquet dans lequel vous découvrirez plus tard que votre blanquette était en fait du blanc de poulet et que votre steak a été coupé par une dentellière brugeoise. Mais ceci, vous ne le découvrirez que si vous n’avez pas oublié de repasser par la boucherie avant la caisse. Parce que vous aviez le numéro 26 (et oui, encore un numéro !) et que vous avez entendu tous les appels avec cette mélodieuse voix électronique « La commande numéro 2 est prête à la boucherie » et tous les numéros qui suivent… Vous avez évidemment zappé le vôtre parce que à ce moment, vous avez reçu un appel téléphonique ou que sais-je. Et puis, vous passez à la caisse et, à la maison, en vidant le coffre (sous la pluie de préférence) vous constatez que votre commande numéro 26 est restée à la boucherie.
C’est pas fini… Il y en a un, le plus sournois je crois, le plus malin aussi. Là-bas, ils ont inventé le caddie pour enfants ! ! ! ! ! ! Si, si. Je n’en dirai pas d’avantage sur ce sujet. Des enfants, des caddies,… je laisse place à votre imagination.
Je ne peux pas passer sous silence la présence, le samedi matin et les soirs de la semaine, de tous les pensionnés, chômeurs, femmes au foyer, enfin les gens qui organisent leur horaire à leur convenance. Je parle de tous ceux qui prendraient tellement plus de plaisir de faire leurs courses quand ceux qui travaillent, travaillent ! On dirait que ces clients ont été créés uniquement pour rendre la circulation des grandes surfaces extrêmement difficile.
On enchaîne ? Ok on enchaîne avec les supermarchés ouverts le dimanche matin. Quelle idée lumineuse ! Dans la théorie oui. Dans la pratique, j’ai l’impression que tout le monde attend le dimanche matin pour faire ses courses de la semaine. Je pensais que c’était pratique pour aller, vite fait, bien fait, chercher le petit truc qui manque pour le repas de midi. La dernière fois, j’étais avec mon paquet de mozzarella, au bout d’une file digne de l’attraction la plus convoitée de Dysneyland en été. Et que des caddies gigantesques. J’ai beau chercher, je ne trouve aucune explication rationnelle.
Un dernier point, pour finir en beauté. Un supermarché de bricolage. Des achats pour le bureau. Une exposition à préparer. A la caisse, évidemment, je demande une facture. « oui, à quel nom ?
- Ville de Charleroi
- Prénom ?
- ? ? ? ?
- Je dois absolument encoder un prénom !
- Charles, si vous voulez ; nom de famille : Ville de »
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