Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /2006 19:35
Voilà encore une bien belle invention,
le papier peint.
Une belle manière de rafraîchir son intérieur…
et à la portée de tout le monde.
Tout commence par le calcul du nombre de rouleaux nécessaires.
Pour moi, c’est le moment le plus délicat.
Et depuis longtemps, je me demande pourquoi la largeur d’un rouleau
mesure très exactement cinquante-trois centimètres.
Histoire de rendre l’opération plus palpitante sans doute.
Bref, il faut mesurer la hauteur des murs,
compter le nombre de lés de papier par rouleau…
puis, compter le nombre de rouleaux divisé par le carré de l’hypoténuse,
si le quotient est inférieur à la moyenne
de la racine cubique du total des murs à couvrir.
Donc, vous avez commencé à calculer ça
en début de semaine et le samedi,
vous êtes fin prêt pour aller chercher votre matériel,
les rouleaux, la colle, le maroufleur (eh oui, ça existe !)
et profiter du week-end pour vous mettre au travail.
Votre choix s’est naturellement porté
vers un papier peint avec de jolis motifs.
Première erreur…
Votre calcul savant de la semaine ne tenait pas compte
des pertes dues à un éventuel raccord !
Là, un choix s’impose.
Soit vous jouez la carte de la sécurité
et vous choisissez un autre modèle, uni celui-là.
Soit vous refaites, très vite, en 10 minutes,
le calcul qui vous a pris toute la semaine
et qui vous a bousillé trois piles pour la calculette !
Vous revenez enfin, fier et épuisé,
avec votre magnifique papier peint.
Il n’était pas donné mais il s’abîmera d’autant moins vite
et vous en profiterez donc plus longtemps.
Voici donc venu le moment tant attendu.
C’est samedi midi, vous préparez votre colle
en respectant bien les dosages histoire de ne pas obtenir
du plâtre ou de la soupe asiatique.
Vous installez la table à tapisser
que vous recouvrez judicieusement d’un grand plastique.
Là, c’est un bon truc que je vous offre
car cela vous évitera de gratter le surplus de colle
qui s’accumule sur la table en bois.
Le plastique, c’est un truc de pro !
Tout moi quoi ! ?
Bref, vous déballez votre premier rouleau
et vous extasiez de sa beauté.
Vous mesurez et coupez le premier lé.
C’est là qu’il faut être extrêmement prudent.
Car, de cette première bande de papier dépend tout le reste.
Comme vous êtes perfectionniste,
vous avez prévu de marquer le mur en utilisant le fil à plomb.
Vous encollez donc votre papier,
grimpez sur l’échelle tant bien que mal,
sans les mains car elles tiennent cette gigantesque feuille de papier
qui se plie dans tous les sens,
se colle sur votre visage et quelquefois se déchire
avant même d’avoir rencontré le mur de sa vie.
Vous parvenez finalement à provoquer un contact
entre le mur et le papier.
L’opération consiste à l’appliquer sans faux plis,
sans bulles d’air –c’est là que le maroufleur cité plus haut intervient-
et en suivant strictement la marque faite au fil à plomb.
Quelques dizaines de minutes plus tard,
votre première bande de papier est enfin solidaire du mur.
Vous allez donc pouvoir continuer plus aisément,
en suivant l’arête de chaque bande de papier
pour appliquer les suivantes.
Et c’est en arrivant dans le premier coin
que vous constatez que votre maison a été construite
par le descendant des architectes de Pise.
Il y a un sérieux décalage entre le haut du papier et le bas du papier.
Petit conseil pratique donc,…
n’abandonnez pas votre fil à plomb après la première application…
il peut encore servir.
Sinon, ce problème de coin ne fera que s’accentuer
au fur et à mesure que vous avancerez dans le travail.
Bon, finalement, vous vous débrouillez comme un chef,
vous avez bien enlevé les prises de courant,
les plinthes, les chevilles, enfin tout ce qui traîne.
Vous avez affronté les problèmes de fenêtres, de portes
et de radiateurs avec la lucidité d’un maître tapissier à la retraite.
Il est 22h, vous continuez le travail à la lumière des bougies
car vous avez eu la présence d’esprit,
après avoir reçu quelques décharges,
de couper le courant avant d’attaquer
les zones d’arrivée électrique mais vous commencez à vous demander
si vous avez bien calculé le nombre de rouleaux nécessaire.
Eh non, il en faut un supplémentaire.
Evidemment, c’est trop tard pour retourner au magasin,
demain c’est dimanche…
c’est parti pour le camping pendant une semaine.
Vendredi soir, vous vous précipitez chez le marchand,
vous rachetez un rouleau.
Comme vous voulez profiter de votre œuvre,
vous vous mettez directement au travail et,
après la dernière touche de votre talentueux labeur,
vous descendez de l'échelle pour admirer votre œuvre
et là, vous constatez avec horreur
que la couleur du dernier rouleau
est complètement différente de tout le reste.
Vous n’aviez pas pris note du numéro de bain.
Et là, je me pose encore une question.
A l’heure où les progrès sont tels qu’ils permettent des choses insensées,
comment n’a-t-on pas encore réussi à s’arranger
pour éradiquer ce problème de bain
qu’on traîne depuis l’invention du papier à tapisser ?
Mais vous vous rassurez en vous disant que,
de toutes façons,
c’est le mur qui est occulté par votre grande bibliothèque,
qui vomit tous les tomes de la collection " do it yourself "
dans lesquels vous aviez trouvé l’idée amusante
de retapisser votre intérieur vous-même…
Et pour camoufler les erreurs de tapissage
disséminées un peu partout dans la pièce,
vous trouverez toujours bien un meuble d’appoint
ou bien un encadrement.
Votre déco sera ainsi adaptée à votre tapis
et non l’inverse.
En fin de compte,
vous ne regrettez pas d’avoir fait le travail vous-même car,
malgré les imperfections et le temps perdu
par méconnaissance des astuces du métier,
vous êtes quand même très fier d’être arrivé
au terme de votre défi.
Par Pimousse - Publié dans : Billets de pimousse
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