Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /2006 19:40
Le bureau de poste,
comme les administrations communales et leurs fonctionnaires,
sont souvent l’objet de quolibets.
Mais si les employés de cette grande entreprise
n’ont pas toujours le sens de l’accueil,
les clients, eux, n’ont pas toujours inventé
la machine à cintrer les bananes
et ne sont pas non plus des exemples
de gentillesse et de savoir-vivre.
En vérité, le bureau de poste
est un point de ralliement pour tous les cas de figure
de mauvaise foi,
de mauvaise humeur,
de bêtise,
de colère ;
et ceci de part et d’autre de ce guichet
au vitrage armé et inviolable.
Côté clients ,
on peut répertorier beaucoup d’exemples,
depuis l’abruti qui demande dix timbres à 40 centimes
et qui demande à l’employé combien il doit payer...
à la mamy qui vient encaisser son chèque de pension,
en passant par le vieux célibataire du quartier
qui vient retirer son colis "coquin",
tellement banalisé qu’il est reconnaissable entre mille,
l’homme d’affaires pressé qui pense
que les autres clients peuvent attendre
et s’impose dans la file,
la mère de famille avec landau et marmaille bruyante
ou encore le gars du coin,
odorifère et édenté, issu du quart-monde,
à la diction inaudible
et qui voudrait savoir ce qu’il doit faire pour
"toufer fon fèque de fômave",
à savoir, toucher son chèque de chômage.
Bref, une galerie de portraits à géométrie variable,
un concentré de ce qu’on peut rencontrer
dans la vie quotidienne,
une loupe sur la société que nous formons
et à laquelle j’ai bien peur d’appartenir.
De l’autre côté de la vitre perforée,
sévit une autre espèce,…
l’employé des postes.
Souvent choisi pour ce métier par le simple fait
que son a.d.n. ne possède ni le gène de l’efficacité,
ni celui de la rapidité.
Pour avoir observé ces humains
avec la discrétion d’un ethnologue,
c’est-à-dire en prenant des notes
mais en n’interférant pas dans leur microcosme,
j’en suis arrivée à la conclusion
qu’il ne trouve son équilibre
que quand il voit devant lui
une file de minimum vingt personnes agacées.
Sans cet élément déterminant,
il est perdu, égaré et proche de la neurasthénie.
En fait, son bonheur est exactement proportionnel
au degré d’irritation des membres de cette longue file.
Ils semblent aussi
avoir des contentieux à régler avec les colis.
On détecte immédiatement une animosité
envers ces paquets qui,
dès lors qu’ils aboutissent entre leurs mains,
sont vigoureusement malmenés.
Quelqu’un a d’ailleurs écrit à ce propos que
quand on voit comment les colis sont manipulés à la poste,
on comprend mieux pourquoi le Père Noël tient tant
à apporter ses cadeaux lui-même.
Il n’y a vraiment qu’avec leurs collègues
les facteurs qu’ils font preuve de gentillesse.
Allez savoir pourquoi ?
Par esprit d’équipe ?
Ou par respect car ce sont
des hommes de lettres ?
Oui, c’est sans doute ça !
Ca ne fait pas un pli !
Par Pimousse - Publié dans : Billets de pimousse
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