Billets de pimousse

Dimanche 1 octobre 2006
L’inventeur du cintre était un génie. Il a probablement fait fortune grâce à cet objet qui a ainsi aidé des millions de gentilles ménagères de par le monde, à ranger les vêtements sans qu’il soit besoin de faire des plis disgracieux dans les tissus fraîchement amidonnés.

Mais chaque médaille ayant son revers, réfléchissons un peu plus loin. N’avez-vous jamais eu envie de tuer quelqu’un avec ou à cause (ou les deux) d’un cintre ?

Une autre question :
avez-vous déjà réussi à prendre un seul cintre dans votre penderie sans en emmener dix autres ?
Je suis convaincue que, derrière les portes fermées des garde-robes, les cintres, entre eux, fomentent un complot afin de vous rendre chèvre. Ils parviennent à s’entremêler aussi solidement qu’une chaîne de forçat et se détachent tous, d’un coup, au moment où vous n’êtes plus maître de rien, ni de votre patience, ni de votre bonne volonté.

J’imagine que vous souriez, vous remémorant une scène similaire.
Mais avez-vous pensé au danger ?
Ces crochets métalliques que vous manipulez avec de plus en plus de frénésie au fur et à mesure
que votre patience diminue ; ces crochets semblent animés d’une véritable volonté de vous nuire.
Après un moment de lutte acharnée, vous décidez de vous calmer, vous vous asseyez sur le lit le temps de remettre votre compteur cardiaque en dessous de la barre des 300 pulsations minute. 
Et puis, calmement, vous reprenez le travail de dénouement de cintres afin de les désolidariser définitivement. 
C’est au moment où vous y êtes presque parvenue que votre mari, ou votre enfant, rentre dans la pièce en réclamant, avec autant de diplomatie que de gentillesse :
«
 Alors, elle vient cette chemise? »
ou autre « M’man, kestufous ? Ca fait des plombes que j’t’ai demandé mon jeans ».  ». 

A ce moment, les cintres, toujours animés d’une volonté farouche de vous faire ch… et toujours dans le même esprit de camaraderie taquine,
profitent de votre moment de surprise pour se refaire une mêlée à rendre jalouse l’équipe du 15 de France dans son intégralité.
Ceci se termine généralement en pugilat et vous quittez la maison, laissant au sol, les cintres gisants et tout à coup devenus curieusement inertes.

Votre famille, hébétée envisage sérieusement de vous faire consulter un médecin qui vous prescrira du Prozac parce que vous êtes devenue définitivement invivable !

Donc, cet inventeur de cintre, qui a bien de la chance que son nom soit aujourd’hui passé aux oubliettes, doit-on vraiment le remercier ?
Il est à l’origine de blessures, d’accidents vasculaires, de scènes de ménage, voire de divorce, peut-être même que certains internements
ont dû être nécessaires. Et franchement, avec le trou de sécu, on s’en serait bien passé.
Ce monsieur n’a pas pensé aux conséquences et, sous des dehors de brave homme faisant mine d’aider les femmes, se cachait en réalité un misogyne sournois dont l’invention n’a vu le jour
que dans le but de nous compliquer la vie

Par Pimousse
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Dimanche 1 octobre 2006
Partons du postulat avéré que les supermarchés ont été créés pour simplifier la vie des consommateurs en proposant des produits moins chers et la possibilité de tout trouver en un seul endroit.
 
Pourquoi, dans ce cas, faire les courses est-il devenu pour moi la corvée d’entre toutes les corvées ?
 
D’abord, il y a cette ambiance musicale qu’on nous sert. Ca part d’une bonne intention bien sûr mais, si le but du jeu est de rendre la corvée agréable, et donc, inciter la clientèle à rester plus longtemps dans les rayons, alors, pourquoi ces immondes versions orchestrales de variété ? Pourquoi ces ersatz de Clayderman (déjà que l’original…) qui donnent des envies de fuite ? Et le pire, c’est qu’elles sont entêtantes comme pas permis ! ! ! Ca se colle dans les oreilles et on les garde dans la tête pendant des jours, une vraie mérule !
 
Ensuite, il y a la déco… ah ! la déco des supermarchés… On vient de repeindre celui d’à côté de chez moi dans un magnifique vert fluo. Peut-être une question de chasse au gaspillage d’électricité tant c’est lumineux. Ils ont poussé le détail jusqu’à habiller les caissières dans la même couleur lumineuse. Peut-être parce qu’ils estimaient méchamment qu’elles ne sont pas des lumières ?  J’espère que non.   Ceci dit, je les envie du plus profond de mon cœur. Le tut tut tut des caisses enregistreuses, la diversité dans le travail, la sympathie de certains clients, un boulot de rêve et puis, ces murs verts, ce côté printanier, bucolique…
 
Passons à la présentation des produits. Il y a le supermarché pour géants…Vous savez ? Celui qui rentabilise l’espace au maximum et qui joue la carte de la verticalité pour ranger les produits. Le paradis des basketteurs et des gens qui ont le bras long.  Pour ce qui me concerne, je grimpe… et je râle. Mais ce n’est pas le pire ! Pour des considérations probablement esthétiques, et pour une meilleure visibilité, les fruits et légumes sont installés sur des présentoirs en pente et disposés en pyramide. Dois-je continuer ? Généralement, la première pomme qu’on choisit est celle-là même qui fait tenir les centaines d’autres.
 
Quoi d’autre ? Le ticket boucherie bien sûr ! Chouette ! J’ai le numéro 9… et on appelle le …945. Bah ! pas trop grave, j’ai le temps de faire le tour de deux ou trois rayons en attendant. Et au retour, bin, on appelle le numéro 13 ! Et c’est reparti pour un tour. Par contre, dans le magasin pour géants cité plus haut, ils ont une autre formule boucherie. On remplit un document de commande et on le laisse aux bouchers qui s’occupent de vous faire un beau paquet dans lequel vous découvrirez plus tard que votre blanquette était en fait du blanc de poulet et que votre steak a été coupé par une dentellière brugeoise. Mais ceci, vous ne le découvrirez que si vous n’avez pas oublié de repasser par la boucherie avant la caisse. Parce que vous aviez le numéro 26 (et oui, encore un numéro !) et que vous avez entendu tous les appels avec cette mélodieuse voix électronique « La commande numéro 2 est prête à la boucherie » et tous les numéros qui suivent… Vous avez évidemment zappé le vôtre parce que à ce moment, vous avez reçu un appel téléphonique ou que sais-je. Et puis, vous passez à la caisse et, à la maison, en vidant le coffre (sous la pluie de préférence) vous constatez que votre commande numéro 26 est restée à la boucherie.
 
C’est pas fini… Il y en a un, le plus sournois je crois, le plus malin aussi. Là-bas, ils ont inventé le caddie pour enfants ! ! ! ! ! ! Si, si. Je n’en dirai pas d’avantage sur ce sujet. Des enfants, des caddies,… je laisse place à votre imagination.
 
Je ne peux pas passer sous silence la présence, le samedi matin et les soirs de la semaine, de tous les pensionnés, chômeurs, femmes au foyer, enfin les gens qui organisent leur horaire à leur convenance. Je parle de tous ceux qui prendraient tellement plus de plaisir de faire leurs courses quand ceux qui travaillent, travaillent ! On dirait que ces clients ont été créés uniquement pour rendre la circulation des grandes surfaces extrêmement difficile.
 
On enchaîne ? Ok on enchaîne avec les supermarchés ouverts le dimanche matin. Quelle idée lumineuse ! Dans la théorie oui. Dans la pratique, j’ai l’impression que tout le monde attend le dimanche matin pour faire ses courses de la semaine. Je pensais que c’était pratique pour aller, vite fait, bien fait, chercher le petit truc qui manque pour le repas de midi. La dernière fois, j’étais avec mon paquet de mozzarella, au bout d’une file digne de l’attraction la plus convoitée de Dysneyland en été. Et que des caddies gigantesques. J’ai beau chercher, je ne trouve aucune explication rationnelle.  
 
Un dernier point, pour finir en beauté. Un supermarché de bricolage. Des achats pour le bureau.  Une exposition à préparer. A la caisse, évidemment, je demande une facture. « oui, à quel nom ? 
- Ville de Charleroi
- Prénom ?
-  ? ? ? ?
- Je dois absolument encoder un prénom !
- Charles, si vous voulez ; nom de famille : Ville de »
Par Pimousse
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Dimanche 1 octobre 2006
Je me dois de consacrer un chapitre à mes pairs aux hémisphères soi-disant inversés. 
Inversés par rapport à quoi ? 
La normalité serait donc d’être droitier ?

J’espère pouvoir démontrer le contraire et, en même temps, faire comprendre combien il est quelquefois handicapant de se débrouiller dans une société conçue arbitrairement et exclusivement pour les droitiers. 

Je ne suis pas une intégriste. 
Je ne revendique pas une société pour gauchers ; mais au moins, une possibilité pour tous, d’utiliser des objets de la vie courante sans risque… oui, je dis bien, sans risque. 
Que les deux options de chaque outil, de chaque appareil
 soient disponibles dans les magasins.
 
Comme il faut bien commencer quelque part, je voudrais faire un constat. 
Il fut un temps, heureusement révolu, où l’enfant gaucher était considéré comme anormal. On tentait donc, de manière plus ou moins cruelle, d’empêcher l’utilisation de cette main maudite. 
Il y a encore une trentaine d’années, on n’hésitait pas à ligoter cette main pour obliger l’enfant à utiliser sa main droite. (hé oui, c’est du vécu…). 
Jusqu’à cette époque, bien évidemment, le nombre de droitiers était considérable et la proportion de gauchers contrariés était difficilement quantifiable. 
Aujourd’hui, je ne crois pas me tromper de beaucoup en affirmant
que la différence s’est beaucoup réduite,et que le nombre de gauchers a très sensiblement augmenté, arrivant même, dans certains bureaux, à du 50/50. 
Représentons-nous donc encore une minorité ?
 
Quand j’entends l’expression « être gauche » pour désigner un maladroit, je pense à Monsieur Rubik, gaucher, célèbre pour l’invention du cube du même nom, demandant une certaine dextérité pour en venir à bout. 
Tiens, au fait, dextérité,…
ça ne viendrait pas encore du mot « droit » ? 

C’est ici qu’il me faut vous infliger un fragment de liste de gauchers célèbres, de Jules César
à Jimi Hendrix,
en passant par Einstein,
Greta Garbo,
Charles Chaplin,
Jean-Sébastien Bach,
Léonard de Vinci,
Napoléon Bonaparte,
Louis XVI,
J.-F. Kennedy,
Mark Twain,
Bill Gates,
Benoît Poelvoorde,
le mime Marceau,
le Dr Schweitzer
ou encore la reine Victoria. 
Vous le constaterez, que des gens maladroits.

Et la plupart d’entre-eux vivaient à une époque où les gauchers contrariés faisaient légion. Vous imaginez cette liste sans cette volonté de ‘droitiériser’ tout le monde ?
 
Bon, ceci étant, comment vivent les gauchers d’aujourd’hui ? 
Je vais encore vous infliger une liste mais elle est nécessaire
parce que je suis certaine que personne, à part les gauchers,
n’a l’idée des difficultés à surmonter dans la simple vie quotidienne
et du danger que représentent certains outils inadaptés sur le lieu de travail.
 
Tout d’abord, nous avons la paire de ciseaux, conçue pour les droitiers. 
Je vous entends déjà dire qu’il existe des ciseaux pour gauchers. 
J’en conviens mais d’abord, ça ne s’achète pas à la papeterie du coin,
il faut aller dans des magasins spécialisés, d’autre part, les prix sont légèrement plus élevés, et enfin, est-ce bien pratique d’avoir dans son sac à main, tout le matériel pour gaucher dont on risque d’avoir besoin dans la journée ?
Je m’imagine mal transportant chaque jour ciseaux, sécateur ou que sais-je ? Non, évidemment que non. 
Il nous faut donc bien nous habituer à utiliser les ciseaux « traditionnels ».
 
Ensuite, la louche à sauce. Vous voyez de quoi je parle ? 
Cette petite louche avec un bec verseur d’un côté. 
Le bec verseur se trouve du côté gauche ; de cette manière, on tient la louche à droite et on verse en inclinant la main vers la gauche.
Le gaucher, dans ce cas de figure à le choix, soit il renverse, soit il renverse. 

S’il utilise la main gauche, le bec verseur étant aussi à gauche, il faut incliner la main vers l’extérieur pour verser, et donc, vu la position très inconfortable, renverser. 
S’il utilise la main droite, le bec est du bon côté mais il renversera de toutes façons puisqu’il n’utilise pas la main dominante.
 
Si je n’ai pas été claire, filez dans la cuisine et essayez d’utiliser ce genre de louche de la main gauche… Prenez soin de vous installer au-dessus de l’évier. Essayez avec de la soupe bouillante, c’est encore plus amusant !
 
Dans cette longue liste, on retrouve aussi l’éplucheur à légumes, le tire-bouchon, l’ouvre-boîtes, le changement de vitesse, ou encore le taille-crayons.
 
Les étudiants gauchers se rappelleront aussi les chaises avec table intégrée. Toujours à droite, la table !
 
On a aussi, pour les bricoleurs, la scie circulaire dont l’évacuation de la sciure se fait à droite. Si on utilise la scie de la main gauche, on se prend toute la sciure dans la tronche et si on l’utilise de la main droite, on termine sa vie, ni gaucher, ni droitier, mais manchot.
 
Apprendre à crocheter ou à coudre est aussi un casse-tête. 
Les graphiques et photos dans les livres sont étudiés pour les droitiers. 
Un truc consiste à se regarder travailler dans un miroir pour savoir si la position est correcte par rapport à l’image. Pratique…
 
J’en viens maintenant à la « sale écriture des gauchers ». 
Pourquoi la plupart des gauchers écrivent mal ? 
Parce que, pour éviter ce qu’on appelle « l’effet tampon », ils adoptent, soit une position de main, soit une position de papier empêchant une écriture élégante. 
Je m’explique. La main du droitier qui écrit précède le texte. 
La main du gaucher qui écrit suit le texte et donc, frotte sur les lettres pas encore sèches ; d’où le tampon. 
Une solution consiste à incliner le papier. De cette manière, la main est en dessous du texte et empêche donc de faire des pochoirs. 
D’autres ont choisi de laisser le papier droit mais d’écrire par dessus le texte, ce qui donne une position de main très inconfortable, pas très jolie et aussi difficile à relire que des prescriptions de médecin russe parkinsonien.
 
Il est bien évident que nous ne vivons pas de calvaire insurmontable
et ne sommes pas relégués au ban de la société mais c’est quand même frustrant de se dire que, soit on s’adapte au monde de droitiers
conçu par des droitiers, soit on ne s’adapte pas et on paie plus cher des outils qu’on ne trouve que dans des commerces spécialisés.
 
Notre société a d’ailleurs cette fâcheuse tendance à compartimenter les marchandises adaptées à certaines catégories de personnes.
Je prendrai pour autre exemple les vêtements de grandes tailles. 
Rares sont les boutiques dont le rayonnage est approvisionné dans toutes les tailles. Les personnes plus « charnues » doivent aller
dans un autre coin du magasin, dans un rayon où il est bien clairement indiqué « Grandes Tailles : jusqu’au XXXXL ». Et encore faut-il que le magasin en question propose un choix qui va au-delà du pull chaussette
pour sauterelle anorexique. 
Je plains de tout mon cœur les jeunes ados dodu(e)s qui ne peuvent pas fréquenter les mêmes boutiques que les autres parce qu’on ne trouve rien au-dessus du 38 bien moulant.
Par Pimousse
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Dimanche 1 octobre 2006

J’aime beaucoup le cinéma.
Les fauteuils confortables,
l’écran géant,
le public,
l’atmosphère qui se dégage de la salle,
la lumière du projecteur,
l’obscurité,
l’odeur du produit à moquette,
l’ouvreuse.
Tout un décorum
qui donne au film
une dimension qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Ok, l’odeur du produit à moquette
est tout à fait facultative.

Pourtant, il n’est pas besoin de choisir un film gore
pour qu’une sortie cinéma se transforme très vite en cauchemar.
Tout commence par la file d’attente
et la sympathique ouvreuse derrière ses vitres pare-balles,
parfois aussi loquace et souriante
qu’un escargot autiste.
Vous vous installez ensuite confortablement
et la séance peut commencer.
Les problèmes surgissent souvent au milieu de la projection,
quand on est plongé dans une belle scène palpitante
et que l’image disparaît,
annonçant l’entracte.
Pourquoi un entracte au cinéma ?
TF1 et RTL suffisent pour avoir
des morceaux de film au milieu des pubs !
Bref, il faut bien vendre les sodas,
pop corn et autres glaces,
à prix prohibitifs bien sûr.
Et puis, c’est bien connu que l’être humain
est incapable de se retenir
d’aller soulager sa vessie pendant plus d’une heure !

Cet entracte est généralement trop court
pour pouvoir faire ses petits achats,
ses petits besoins,
boire son petit soda
et revenir avant la reprise de la projection.
Donc, pendant toute la seconde partie du film,
vous entendez le couinement de la porte d’entrée,
les gens qui entrent bruyamment,
passent devant l’écran,
s’asseyent et entament alors l’ouverture du paquet de chips
ou de pop corn.
Là, je voudrais faire une petite parenthèse
et demander aux fabricants
d’entamer une procédure de recherche
pour rendre la consommation de ces produits silencieuse.
Et je voudrais savoir si c’est par négligence,
bêtise ou bien juste pour m’emm….
qu’ils ont choisi les conditionnements en Cellophane
les plus bruyants du monde
pour la vente dans les cinémas.
Car il n’y a pas que la bande son
qu’on peut entendre en THX dolby surround !
Il y a aussi tous les emballages froissés,
les mastications bovines
et le dernier râle de la chips avant la déglutition.
Tout ça, dans le seul but mercantile
d’engraisser les finances
du propriétaire du complexe cinématographique.
A aucun moment ces gens n’ont pensé
qu’il existe du public venu pour voir un film…
dans de bonnes conditions.
Juste voir un film.

Et je ne vous parle pas
des sonneries de portables
suivies immédiatement
d’un "allo" aussi discret que délicat
et de conversations aussi intéressantes
qu’une conférence sur la reproduction des termites
en Corée du Sud les soirs de pleine lune.

Ensuite, dès l’apparition des premières lignes
du générique de fin,
tout le monde,
absolument tout le monde se lève,
se revêt et passe devant vous
qui essayez péniblement de savoir
qui donc a composé cette magnifique bande originale
ou qui était donc cet acteur dont vous ne souvenez plus du nom.

Je vous le disais,
j’aime beaucoup le cinéma…
Mais j’ai l’impression qu’il ne me le rend pas beaucoup.
Je deviens donc très infidèle,
pour le plus grand plaisir des dévédéthèques…

 

 

Par Pimousse
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Dimanche 1 octobre 2006

Je me souviens d’un jour où j’ai accompagné ma mère pour l’achat d’un téléviseur. Nous sommes entrées dans ce grand magasin d’électroménager et nous avons été directement accueillies par un vendeur sympathique.  Nous avons simplement demandé un téléviseur couleur, dans une certaine gamme de prix et il nous a proposé diverses marques et diverses grandeurs d’écran.  Nous avons fait un choix, avons payé et sommes reparties avec un grand carton.  L’opération n’a pas duré plus d’un quart d’heure.

 

 

Il y a quelques temps, mon téléviseur prenant de l’âge, j’envisageais d’en changer.  La première démarche a été de désincarcérer la pile de publicités enfoncées dans l’orifice décidément trop étroit de ma boîte aux lettres.  Certaines d’entre-elles, malheureusement en lambeaux parce que détrempées par les averses, sont hors d’usage. 

 

Je repère finalement la publicité d’un magasin multimédia qui a l’avantage certain de proposer des crédits à 0%.

 

C’est là que le drame a commencé…

 

 

Le principe d’une publicité est d’encourager l’achat par des phrases incitantes.  Donc, cette réclame, annonçait : « Plein feu sur nos offres ! ».  Je sais déjà que je vais faire une bonne affaire !  Donc, une belle télé d’une marque connue en première page.  Je regarde la description. « tv LCD stéréo-Nicam 16/9, virtual dolby surround, crystal clear, rés 1356x768p, luminosité 500 cd/m², contraste 1200 :1, temps de réaction 8ms, 2 prises scart, 2 connexions HDMI, télécommande, HD ready. »… Donc, il y a une télécommande…

 

 

Et tout le dépliant publicitaire est à l’avenant.  Qu’on veuille acheter un téléviseur, une radio ou un téléphone, à moins d’avoir fait un doctorat es sciences et techniques modernes, vous ne pouvez qu’acheter à l’aveuglette.

 

Un téléphone au hasard : double écran couleur. (double ? pour quoi faire ?), écran int 65.000 couleurs, MMS, GPRS, WAP, JAVA, EDGE,  lecteur MP3 et MPEG4, mémoire interne de 80 MB + slot carte transflash, port IR, bluetooth, tri-band, 99g.  On ne précise pas que vous pouvez passer et recevoir des appels téléphoniques mais je suppose que c’est le cas.  Je vous épargnerai les descriptions d’ordinateurs, ce sont eux qui détiennent la palme.  Et je ne vous parle que des produits dont je connais l’existence…

 

A une époque où on nous conseille de comparer les produits, de faire des achats intelligents, de choisir en connaissance de cause, on nous fait croire qu’on nous informe alors qu’on nous plonge dans l’incompréhension la plus absolue.

 

 

C’est pareil quand vous avez une panne d’ordinateur ou de connexion internet.  Il y a toujours un numéro vert gratuit que vous pouvez composer et qui est sensé vous dépanner à distance.  En fait, ce numéro ne sert qu’à vous dire « on est bien désolé mais on ne peut rien pour vous, qu’il faut que vous appeliez l’autre numéro »  Payant, bien sûr, l’autre numéro.  L’interlocuteur que vous obtenez enfin sur ce numéro payant, après un quart d’heure de musique d’attente, essaie alors de vous venir en aide.  Il vous pose mille questions auxquelles vous ne pouvez évidemment pas répondre puisque vous ne les comprenez pas. Une demi-heure plus tard, vous êtes toujours sans connexion, vous pensez à la facture du téléphone, vous devenez irritable et votre interlocuteur ne manque pas de vous signaler qu’il essaie de vous aider et que vous n’y mettez pas de bonne volonté.  On finit par vous proposer le déplacement d’un technicien qui viendra, mercredi en huit, entre 8h et 16h.  Interdiction donc de sortir ce jour-là.  Si vous mettez le nez dehors un quart d’heure, c’est ce moment qu’il choisira pour venir chez vous et si vous restez cloîtré fébrilement dans vos murs pour ne pas le manquer, il arrivera en fin de journée.

 

 

Je veux juste acheter un téléviseur, pas trop petit, pas trop grand, avec une belle image et une télécommande.  Et si j’achète un téléphone, je me fous éperdument qu’il me donne les cours de la bourse, les dates des grandes marées d’équinoxe ou les phases de la lune.

 

 

L’autre jour, dans la rue,  j’ai cru que quelqu’un me posait une question ; il parlait simplement dans son microscopique main-libre greffé à l’oreille…

 

Peut-être qu’un jour, le téléphone sera directement intégré dans l’oreille par injection.  On ne pourra plus prétendre l’avoir oublié à la maison.

 

 

Dommage que les choses simples disparaissent de notre horizon.  Le progrès avance à juste titre, j’en conviens mais avec une frénésie telle qu’il devient impossible au non initié de suivre le train… encore moins de le prendre en route. 

 

Par Pimousse
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Dimanche 1 octobre 2006
Voilà encore une bien belle invention,
le papier peint.
Une belle manière de rafraîchir son intérieur…
et à la portée de tout le monde.
Tout commence par le calcul du nombre de rouleaux nécessaires.
Pour moi, c’est le moment le plus délicat.
Et depuis longtemps, je me demande pourquoi la largeur d’un rouleau
mesure très exactement cinquante-trois centimètres.
Histoire de rendre l’opération plus palpitante sans doute.
Bref, il faut mesurer la hauteur des murs,
compter le nombre de lés de papier par rouleau…
puis, compter le nombre de rouleaux divisé par le carré de l’hypoténuse,
si le quotient est inférieur à la moyenne
de la racine cubique du total des murs à couvrir.
Donc, vous avez commencé à calculer ça
en début de semaine et le samedi,
vous êtes fin prêt pour aller chercher votre matériel,
les rouleaux, la colle, le maroufleur (eh oui, ça existe !)
et profiter du week-end pour vous mettre au travail.
Votre choix s’est naturellement porté
vers un papier peint avec de jolis motifs.
Première erreur…
Votre calcul savant de la semaine ne tenait pas compte
des pertes dues à un éventuel raccord !
Là, un choix s’impose.
Soit vous jouez la carte de la sécurité
et vous choisissez un autre modèle, uni celui-là.
Soit vous refaites, très vite, en 10 minutes,
le calcul qui vous a pris toute la semaine
et qui vous a bousillé trois piles pour la calculette !
Vous revenez enfin, fier et épuisé,
avec votre magnifique papier peint.
Il n’était pas donné mais il s’abîmera d’autant moins vite
et vous en profiterez donc plus longtemps.
Voici donc venu le moment tant attendu.
C’est samedi midi, vous préparez votre colle
en respectant bien les dosages histoire de ne pas obtenir
du plâtre ou de la soupe asiatique.
Vous installez la table à tapisser
que vous recouvrez judicieusement d’un grand plastique.
Là, c’est un bon truc que je vous offre
car cela vous évitera de gratter le surplus de colle
qui s’accumule sur la table en bois.
Le plastique, c’est un truc de pro !
Tout moi quoi ! ?
Bref, vous déballez votre premier rouleau
et vous extasiez de sa beauté.
Vous mesurez et coupez le premier lé.
C’est là qu’il faut être extrêmement prudent.
Car, de cette première bande de papier dépend tout le reste.
Comme vous êtes perfectionniste,
vous avez prévu de marquer le mur en utilisant le fil à plomb.
Vous encollez donc votre papier,
grimpez sur l’échelle tant bien que mal,
sans les mains car elles tiennent cette gigantesque feuille de papier
qui se plie dans tous les sens,
se colle sur votre visage et quelquefois se déchire
avant même d’avoir rencontré le mur de sa vie.
Vous parvenez finalement à provoquer un contact
entre le mur et le papier.
L’opération consiste à l’appliquer sans faux plis,
sans bulles d’air –c’est là que le maroufleur cité plus haut intervient-
et en suivant strictement la marque faite au fil à plomb.
Quelques dizaines de minutes plus tard,
votre première bande de papier est enfin solidaire du mur.
Vous allez donc pouvoir continuer plus aisément,
en suivant l’arête de chaque bande de papier
pour appliquer les suivantes.
Et c’est en arrivant dans le premier coin
que vous constatez que votre maison a été construite
par le descendant des architectes de Pise.
Il y a un sérieux décalage entre le haut du papier et le bas du papier.
Petit conseil pratique donc,…
n’abandonnez pas votre fil à plomb après la première application…
il peut encore servir.
Sinon, ce problème de coin ne fera que s’accentuer
au fur et à mesure que vous avancerez dans le travail.
Bon, finalement, vous vous débrouillez comme un chef,
vous avez bien enlevé les prises de courant,
les plinthes, les chevilles, enfin tout ce qui traîne.
Vous avez affronté les problèmes de fenêtres, de portes
et de radiateurs avec la lucidité d’un maître tapissier à la retraite.
Il est 22h, vous continuez le travail à la lumière des bougies
car vous avez eu la présence d’esprit,
après avoir reçu quelques décharges,
de couper le courant avant d’attaquer
les zones d’arrivée électrique mais vous commencez à vous demander
si vous avez bien calculé le nombre de rouleaux nécessaire.
Eh non, il en faut un supplémentaire.
Evidemment, c’est trop tard pour retourner au magasin,
demain c’est dimanche…
c’est parti pour le camping pendant une semaine.
Vendredi soir, vous vous précipitez chez le marchand,
vous rachetez un rouleau.
Comme vous voulez profiter de votre œuvre,
vous vous mettez directement au travail et,
après la dernière touche de votre talentueux labeur,
vous descendez de l'échelle pour admirer votre œuvre
et là, vous constatez avec horreur
que la couleur du dernier rouleau
est complètement différente de tout le reste.
Vous n’aviez pas pris note du numéro de bain.
Et là, je me pose encore une question.
A l’heure où les progrès sont tels qu’ils permettent des choses insensées,
comment n’a-t-on pas encore réussi à s’arranger
pour éradiquer ce problème de bain
qu’on traîne depuis l’invention du papier à tapisser ?
Mais vous vous rassurez en vous disant que,
de toutes façons,
c’est le mur qui est occulté par votre grande bibliothèque,
qui vomit tous les tomes de la collection " do it yourself "
dans lesquels vous aviez trouvé l’idée amusante
de retapisser votre intérieur vous-même…
Et pour camoufler les erreurs de tapissage
disséminées un peu partout dans la pièce,
vous trouverez toujours bien un meuble d’appoint
ou bien un encadrement.
Votre déco sera ainsi adaptée à votre tapis
et non l’inverse.
En fin de compte,
vous ne regrettez pas d’avoir fait le travail vous-même car,
malgré les imperfections et le temps perdu
par méconnaissance des astuces du métier,
vous êtes quand même très fier d’être arrivé
au terme de votre défi.
Par Pimousse
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Dimanche 1 octobre 2006

Si Edith nous a chanté qu’elle appréciait

se laisser emporter par la foule,

 pour moi, la folle farandole,

c’est moins une partie de franche rigolade

qu’une source de stress.

 

Il existe autant de foules différentes que de recettes de spaghetti. 

Selon l’endroit où elle naît,

ses membres adoptent un comportement différent. 

Je pourrais citer la foule des supermarchés le samedi,

la foule dans les transports en commun,

la foule dans les grosses artères commerçantes

ou encore la foule lors de concerts

et autres manifestations publiques.

 

Dans la rue, la foule est surtout mouvante,

mais hélas, elle ne se meut jamais dans le même sens que vous ;

vous êtes toujours à contre courant.

Les bousculades se succèdent et,

au bout de quelques minutes,

ces collisions qui vous font chaque fois faire un demi-tour sur vous-même,

finissent par vous orienter dans la mauvaise direction

sans que vous vous en rendiez compte puisque la foule est si dense

qu’il vous est impossible de visualiser un point de repère. 

 Il semblerait que tous ces gens sont animés d’une urgence

que rien ni personne ne peut soulager.

Ils sont pressés et ignorent les mots « désolé », « pardon »,… 

Je pense qu’ils n’ont même pas conscience

de vous avoir fracassé la clavicule…

 

Dans les supermarchés, la foule est dense, compacte. 

Chacun semble ignorer la présence des autres. 

Ce qui provoque immanquablement des embouteillages

et des pertes de temps qu’une simple idée,

même vague,

de civilité pourrait résoudre sans problème. 

Ca peut paraître simpliste à priori

mais si chacun pouvait prendre conscience

qu’il y a d’autres clients dans ce magasin,

la circulation se fluidifierait sans doute.

 

Dans les transports en commun, aux heures de pointe,

la foule est compacte et immobile. 

Le calvaire est en relation directe avec l’immobilité de la foule. 

Je ne suis pas bien haute, la nature l’a ainsi décidé,

c’est-à-dire que mon sens olfactif se situe à peu de choses près,

 et dans le meilleur des cas, au niveau des épaules des autres passagers. 

 Et si, comme je vous le disais plus haut,

le calvaire est inhérent à l’immobilité des personnes,

il est aussi en rapport direct avec la mobilité du véhicule…

cette mobilité qui oblige les passagers à lever les bras

 afin de se cramponner à la main-courante.

Personnellement, ce qui me fait vaciller

n’est pas le mouvement du véhicule

mais bien les effluves acides de mes plus proches voisins de nez,

j’ai nommé, les aisselles humides de tous ces inconnus. 

Encore, les matins d’hiver…

mais les après-midi de canicule !

 

Tiens, en parlant de main-courante,

il y en a une autre qui sévit dans ces endroits confinés

et où la promiscuité permet à ces messieurs,

en toute impunité,

les yeux innocents levés vers le plafond du bus ou du train,

de tâter honteusement les parties charnues des anatomies des dames. 

Pour peu qu’on n’ait pas le sens du scandale et de l’esclandre,

on subit ces assauts avec stoïcisme

et on se contente lâchement de déverser toute sa rancœur

 dans des billets d’humeur.

 

Lors des concerts, la foule est… dangereuse. 

 Elle est transcendée par les watts déployés

et elle est, curieusement,

extrêmement mobile tout en restant sur place !

 

Avant le spectacle, la foule cherche fébrilement les meilleures places ;

 c’est l’heure des bousculades et,

comme un chien qui fait dix fois le tour de son panier en osier,

le fan se fabrique son petit nid, d’où il pense être dans le meilleur angle de vue. 

 Il est arrivé très tôt,

avec son sac à dos gonflé de l’intégralité des armoires de sa chambre d’étudiant.

(Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien transporter dans ces sacs à dos ?

Une tondeuse à gazon, une scie sauteuse ?)

Bref, il s’assied donc, en position de lotus,

en attendant les premiers accords de son groupe préféré.

 

Vous arrivez, choisissez une place…

évidemment derrière ce fan assis. 

Vous ignorez alors que ce jeune homme a dû être nourri au lait transgénique. 

Dès l’annonce de l’arrivée du groupe tant attendu,

 vous vous rendez compte de la grossière erreur que vous venez de commettre ! 

Ce jeune homme assis est en fait le fils naturel

d’une femelle yéti et du Colosse de Rhodes ! 

Du haut de vos 160 centimètres,

vous commencez déjà à regretter le prix du ticket.

 

Le concert débute et la foule,

tout en restant au même endroit, commence à s’animer…

gentiment au début. 

Le but du jeu consistera à ce moment-là à vous mouvoir à contre temps. 

C’est-à-dire que votre mouvement devra être exactement inverse

de celui de votre voisin de devant. 

Vous pourrez ainsi profiter un peu du spectacle.

 

Mais au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent,

le rythme des spectateurs se fait de plus en plus fébrile. 

Votre plus grande crainte est cette propension

qu’ont les spectateurs de concert à,

 comment dit-on ? « Pogoter » ?

 Dès qu’ils commencent à sauter sur place,

vous pensez immanquablement que vous auriez été bien inspirée

de sortir vos chaussures de sécurité aux bouts en acier renforcé

au lieu de profiter des derniers beaux jours de l’été

pour mettre ces jolies tongs…

C’est à partir de cet instant précis que vous oubliez complètement

 que vous êtes venue voir un concert

et que toute votre concentration se mobilise

 pour éviter les « retombées » douloureuses de vos voisins endiablés.

 

Il faut aussi prendre en compte les fans retardataires,

qui n’envisagent à aucun moment de rester derrière

et qui, petit à petit, sournoisement,

s’insinuent jusqu’à se retrouver pratiquement sur la scène.

 

Il y a aussi les assoiffés chroniques,

qui passent et repassent avec des plateaux de bières

qu’évidemment ils épanchent sur votre nouveau tee-shirt,

bousculés qu’ils sont par les gestes tribaux et frénétiques de la salle en délire.

 

Je terminerai par la foule qui se presse devant le stand

du marchand de poulets rôtis,

 le dimanche au marché. 

Cette foule-là est une foule affamée. 

Elle a arpenté les allées maraîchères pendant des heures,

portant à bout de bras divers sachets

de fruits, légumes, vêtements, charcuteries, plantes vertes,

bouquets de fleurs et autres objets divers et,

avant le retour au foyer,

se dit qu’elle a encore un doigt de libre pour porter un sac de poulet. 

 Il est environ treize heures

et les estomacs entrent en rébellion.

 

Dans ce cas de figure,

le cerveau ne prend plus aucune responsabilité

dans l’attitude de cette foule qui devient,

au sens étymologique du terme, des gastéropodes ;

c’est-à-dire, gastéro pour estomac

et pode pour pieds… des estomacs sur pattes !!! 

Pour eux, rien ne compte, si ce n’est s’insinuer,

même pas discrètement, devant les autres clients,

pour être servi le plus vite possible. 

Et, bien évidemment, ces brutes épaisses achètent

de quoi nourrir tout leur quartier surpeuplé,

choisissant à coup sûr Le Poulet sur lequel vous aviez jeté votre dévolu. 

Avec un peu de chance, quand vient enfin votre tour,

 il ne reste plus que deux volailles atrophiées

et probablement, de leur vivant, anorexiques…

 

Ne m’accusez pas de misanthropie

et ne pensez pas que je déteste mes congénères car,

séparément,

en d’autres circonstances,

j’aime beaucoup les gens…

 mais dès qu’ils se rassemblent,

allez savoir pourquoi, j’ai peur…  

Par Pimousse
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Dimanche 1 octobre 2006
Le bureau de poste,
comme les administrations communales et leurs fonctionnaires,
sont souvent l’objet de quolibets.
Mais si les employés de cette grande entreprise
n’ont pas toujours le sens de l’accueil,
les clients, eux, n’ont pas toujours inventé
la machine à cintrer les bananes
et ne sont pas non plus des exemples
de gentillesse et de savoir-vivre.
En vérité, le bureau de poste
est un point de ralliement pour tous les cas de figure
de mauvaise foi,
de mauvaise humeur,
de bêtise,
de colère ;
et ceci de part et d’autre de ce guichet
au vitrage armé et inviolable.
Côté clients ,
on peut répertorier beaucoup d’exemples,
depuis l’abruti qui demande dix timbres à 40 centimes
et qui demande à l’employé combien il doit payer...
à la mamy qui vient encaisser son chèque de pension,
en passant par le vieux célibataire du quartier
qui vient retirer son colis "coquin",
tellement banalisé qu’il est reconnaissable entre mille,
l’homme d’affaires pressé qui pense
que les autres clients peuvent attendre
et s’impose dans la file,
la mère de famille avec landau et marmaille bruyante
ou encore le gars du coin,
odorifère et édenté, issu du quart-monde,
à la diction inaudible
et qui voudrait savoir ce qu’il doit faire pour
"toufer fon fèque de fômave",
à savoir, toucher son chèque de chômage.
Bref, une galerie de portraits à géométrie variable,
un concentré de ce qu’on peut rencontrer
dans la vie quotidienne,
une loupe sur la société que nous formons
et à laquelle j’ai bien peur d’appartenir.
De l’autre côté de la vitre perforée,
sévit une autre espèce,…
l’employé des postes.
Souvent choisi pour ce métier par le simple fait
que son a.d.n. ne possède ni le gène de l’efficacité,
ni celui de la rapidité.
Pour avoir observé ces humains
avec la discrétion d’un ethnologue,
c’est-à-dire en prenant des notes
mais en n’interférant pas dans leur microcosme,
j’en suis arrivée à la conclusion
qu’il ne trouve son équilibre
que quand il voit devant lui
une file de minimum vingt personnes agacées.
Sans cet élément déterminant,
il est perdu, égaré et proche de la neurasthénie.
En fait, son bonheur est exactement proportionnel
au degré d’irritation des membres de cette longue file.
Ils semblent aussi
avoir des contentieux à régler avec les colis.
On détecte immédiatement une animosité
envers ces paquets qui,
dès lors qu’ils aboutissent entre leurs mains,
sont vigoureusement malmenés.
Quelqu’un a d’ailleurs écrit à ce propos que
quand on voit comment les colis sont manipulés à la poste,
on comprend mieux pourquoi le Père Noël tient tant
à apporter ses cadeaux lui-même.
Il n’y a vraiment qu’avec leurs collègues
les facteurs qu’ils font preuve de gentillesse.
Allez savoir pourquoi ?
Par esprit d’équipe ?
Ou par respect car ce sont
des hommes de lettres ?
Oui, c’est sans doute ça !
Ca ne fait pas un pli !
Par Pimousse
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Mardi 3 octobre 2006

Je me souviens…

Comme tu étais beau

Dedans
Dehors

 

Je me souviens…

Comme ta conversation était savoureuse

 

Je me souviens…

Comme nous riions

Comme tu me faisais rire

Comme je te faisais rire

Je me souviens…

De tes larmes

De tes détresses

De tes drames

De tes enthousiasmes

De tes éclats de rire

 

Je me souviens...

Que tu tombais en amour

puis, d'amour

puits d'amour

 puis par amour

 

Je me souviens…

Que tu me manques

Que je t’en veux

Que je m’en veux.

 

 

 

 

Par Pimousse
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Dimanche 5 novembre 2006
Aaaah !!! Une soirée bowling… quoi de mieux pour se détendre, voir des amis, prendre un verre dans une ambiance de franche camaraderie et… surtout… faire péter les scores sur l’affichage électronique !!! Ké belle soirée en perspective !!!

Tu te prépares pour cette soirée qui s’annonce délirante avec la minutie d’un enlumineur médiéval…
On ne sait jamais que tu rencontrerais l’homme ou, selon le cas, la femme de ta vie sur ces pistes brillantes. Tu enfiles donc tes derniers achats issus de la nouvelle collection " be in the mood " et tu grimpes dans ta voiture.

L’arrivée à destination pose quelques problèmes de stationnement sans gravité mais laisse présager un nombre de joueurs au-delà du maximum acceptable.

Bref, soyons positifs… Ca fera plus d’ambiance…
Mais à peine as-tu posé le début du commencement de la pointe de ton petit orteil gauche que déjà, tu comprends qu’il ne faut pas confondre bowling et joyeux divertissement ... C’est une grave erreur !

Les pistes de bowling sont en fait le lieu d'action d'un microcosme qui possède ses propres mœurs, ses usages, ses coutumes et ses passions. On n’est pas là pour rigoler !!!

Entrée, direction la réservation de la piste… Et là, soudain… Oh mon dieu noooon !!!!! On avait choisi de porter ces vêtements dernier cri… Et, dernier cri… c’est le mot qui convient car c’est celui qu’on poussera immanquablement à l’idée de devoir porter ces chaussures de bowling au design très improbable… obligatoires pour jouer… D’une laideur incommensurable, d’une odeur qui l’est tout autant… Et qui vous rendra ridicule pour les heures qui suivent…

Et ceci sans évoquer la présence discrète et essentiellement mycologique qui se cantonne au fond de ces abominations visuelles ayant eu des locataires peu soucieux de leur hygiène corporelle. Champignons qui, à l’instar de leurs homologues forestiers, ont trouvé là un terrain propice à leur survie et à leur prolifération, grâce au taux d’humidité y régnant.

Tu notes pour ta prochaine sortie bowling que tu dois absolument penser à emporter deux paires de chaussettes… L’une touchant la chaussure et l’autre le pied… Toutes deux seront purifiées par les flammes dès le retour à la maison.

En attendant, se résigner… Il faut se résigner !... Soit tu portes ces horreurs visuelles et olfactives… soit tu restes au bar à attendre la fin de la soirée avec tes jolies chaussures. Le choix est cornélien…

Tu enfiles donc ces merveilleux couvre-pieds et tu constates que ce spot mauve qui rend les vêtements blancs lumineux, est très efficace sur ces chaussures de bowling… On ne voit que ça !!!
Et comme tu ne sais pas jouer au bowling… Tu es fan de la rigole pendant toute la partie, tu es doublement ridicule !... Autant être constant et donc, ridicule tout le temps…

Tu es tellement absorbé par ton propre désarroi que tu ne remarques même pas que tout le monde est, à tout le moins, aussi ridicule que toi.

Pourtant, il y a un grand intérêt à observer la diversité de la faune.

Il y a celui qui se prend pour le champion du monde. On croirait qu’il prend le départ pour une olympiade. Il fait ça avec beaucoup de sérieux et il n’est pas avare de conseils. Quand c’est son tour de jouer, il choisit la boule avec beaucoup de professionnalisme, prend une attitude très digne et, dans un geste auguste, propulse la baballe… dans la rigole évidemment. Il évoquera plus tard une crampe carpienne aussi soudaine que malvenue.

Il y a le Chippendale. Jeune, sportif, il est là pour sa cour d'admiratrices. Il a passé une heure dans sa salle de bain en préparation du spectacle et connaît par cœur la filmographie d'Aldo Maccione. Une fois arrivé sur les lieux, il confond la piste avec un podium de mode. Son lancer de boule viril a surtout pour but de mettre enévidence le mouvement gracieux de ses avantages postérieurs, arrachant des soupirs enthousiastes aux groupies en délire.

Vient ensuite le sportif. Il n'est pas là pour s'amuser, mais pour gagner. Sa soirée est gâchée s'il n'a pas fait au moins 3 strike et 2 spare d'affilée (on notera au passage le langage d'initié). Il cause peu, il boit peu, il sourit peu : sa concentration est maximale. Il caresse sa boule, lui murmure de tendres encouragements, il fait corps avec elle. Sa manie de confondre lancer de boule et méditation transcendantale énerve tous ses adversaires, de même que ses scores himalayesques.

Il y a aussi la novice… Celle qui compte ses doigts, puis envisage le nombre de trous dans la boule, cherche à savoir si c’est l’annulaire ou le majeur qui sera le plus à même de s’insérer, qui, finalement prend la boule dans ses deux mains, fait balancier entre ses jambes et envoie le boulet, au petit bonheur la chance et qui, contre toute attente, réussit systématiquement le strike, au plus grand désarroi de l’équipe concurrente, jusque là morte de rire.

Plus sympathique, le touriste. Il vient là pour s'amuser et, accessoirement, essayer d'abattre quelques quilles. Contrairement au sportif, il cause beaucoup, au point qu'il faut souvent lui rappeler qu'il est sur la piste pour jouer et que tout le monde l’attend.

Autre espèce souvent aperçue, le dragueur. Sa technique d'approche est simple : repérer une victime, le genre dont la boule finit immanquablement dans la rigole et lui prodiguer force conseils, accompagnés demoult contacts physiques mettant souvent en péril la distance d’intimité personnelle nécessaire avec une personne qu’on ne connaît pas. La recette est simple et, curieusement, souvent efficace.

Il y a aussi, dans les salles de bowling plus anciennes et n’ayant pas encore investi dans l’affichage électronique, le matheux de service… Celui qui compte les points. Souvent la tête d’un premier de classe, à lunettes. Tu le connais sûrement, c’est le même qui recalcule les additions au restaurant. Il est très absorbé par sa tâche pendant toute la soirée et se moque éperdument de ne pas participer à l’humeur festive du groupe. Il est venu pour compter les points… donc, il compte les points !

N’oublions pas ceux qui viennent en équipe, chaque semaine… Ils ont Leurs propres boules, Leur propre tenue de bowling, Leurs propres chaussures -à noter que là, on ne peut que leur donner raison… leurs propres chaussures propres… -.

On pourrait en citer des dizaines d’autres, depuis le décolleté plongeant de la fausse ingénue jusqu’aux comploteurs d'arrière-banc, en passant par l’observateur moqueur, celui qui est arrivé beaucoup trop tôt et a déjà assassiné quelques bouteilles, l’organisateur qui réserve les pistes, compose les équipes avec bonne volonté et qui est parfois confronté à des regards meurtriers lorsque les équipes se forment et que le joueur convoité n'en fait pas partie,… Tous les caractères de notre société sont là, en vision à la loupe, le super sympa, l’agressif, le taiseux, le déprimé, le joyeux drille, la pin-up… La soirée n'a quelquefois rien à envier à une bonne telenovella brésilienne ...
Le choix de la balle semble également être un art à part entière et requiert à lui seul une grande connaissance de l’anatomie et de la puissance musculaire. La couleur, le poids, la taille des trous, autant de critères de sélection qu’il ne faut pas prendre à la légère. Pour preuve, deux cas de figure. D’abord, les trous sont trop petits et la balle reste obstinément accrochée aux doigts. Pour peu que le joueur soit léger… il s’autopropulse sur la piste, le bras ganté de cette énorme boule…

Ou bien les trous sont trop grands et là, le danger s’abat sur l’équipe qui devise gaiement sur les bancs car, voulant donner de l’élan, le joueur aux doigts trop fins ne parvient pas à contrôler le départ pernicieux de la balle, qui s’en va à l’opposé de la piste, plus ou moins violemment selon les cas…

Ces tempéraments ne sont pas toujours aussi typés et peuvent se retrouver diversement répartis dans un seul individu.

Il va sans dire que toute coïncidence ou ressemblance avec des personnages réels ne serait en aucun cas due au hasard. Elles ne sont en effet ni fortuites ni involontaires car résultant d’une prise de notes en direct. Elles ne seront d’autant pas hasardeuse que nous sommes tous, à des degrés divers, concernés par cette étude ethnologique. En chacun de nous sommeille le guerrier tueur de quilles…


Jieffe&Pimousse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Pimousse&Jieffe
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